10…9…8…7…

Posted in Français, News and Updates on November 17, 2011 by Franckit

Pour reprendre un vieux cliché, le décompte est amorcé. Je n’aime pas trop ceux-ci (les clichés, pas les décomptes), cependant force est d’admettre qu’ils sont parfois appropriés. Si autant de gens ont jugé pertinent de les utiliser dans une situation donnée (eg. décompte avant un grand départ), c’est sans doute qu’il y a, après tout, un certain sens à tout cela. Vous me pardonnerez donc l’utilisation…

Après 2 semaines de périple d’abord vers le Mali, poursuivant ensuite ma route sans relâche vers le Sénégal et la côte Ouest, je dirais être prêt à rentrer en terre natale. Je me suis rendu jusqu’à Dakar, et même sur la pointe des Alamadies, qui est la portion de terre continentale africaine la plus à l’Ouest qui soit. C’est le plus près du bercail que je me sois trouvé depuis fort longtemps, physiquement parlant, bien qu’en terme de distance absolue, vous étiez toujours très distants  Métaphore de ma vie présentement, en quelque sorte, car il me faut bien admettre que les lentilles au travers desquelles j’observe le monde ont changées. Certaines parce que je les ais jetés, tombées en désuétudes ou simplement brisées, d’autres ont été modifiées et j’en ai trouvé de nouvelles, pour complémenter la collection… J’ai hâte (et appréhende un peu, quand même) de voir quelle sera la dynamique. Serais-je capable de partager cette expérience? De me faire comprendre? Comment vais-je vivre cette société, fort différentes de celle dans laquelle j’ai vécu la dernière année? Mais bon, qu’importe au fond. ”Whatever happens, will happen”.

Prendre des vacances juste avant le départ s’est avéré un choix que je considère fort judicieux. J’ai réfléchi à plein de choses. J’ai médité sur mon année ici, les implications de cette expérience à mon niveau et sur la perspective que j’ai de ma vie. J’ai songé aux diverses aventures et histoires que j’ai vécues en cours de route et tenté de spéculer sur la suite des choses. Et spéculation est décidément le bon terme, car je ne saurais dire exactement quelle direction je vais prendre à mon retour. C’est une question qui m’a préoccupé pendant une bonne partie de mon séjour ici, je dirais, mais ce dernier voyage a contribué à me donner une plus grande paix d’esprit, à me faire comprendre que l’état d’urgence que mon esprit semblait avoir décrété sur le sujet n’avait en fait pas de raison d’être. Ce voyage m’a aussi permi de débloquer une perspective plus large sur certaines questions d’ordre culturel, générationnel et même spirituel (mais non, je ne suis pas devenu moine bouddhiste). Quoiqu’il en soit, je garde les détails pour le retour, qui approche, car ces sujets sont mieux abordés de vives voix que par la lueur quelque peu froide d’un écran cathodique (ou plasma ou autre).

Autrement, tout est bien sûr un peu étrange ces temps-ci. Si avant de quitter la patrie, il flottait évidemment une ambiance d’au-revoir, dans plusieurs cas ici il s’agira d’adieux. Lorsqu’on quitte sa terre natale, on bénéficie d’une relative certitude quand au retour, que la date doit déterminée ou non. Vivre à l’étranger pour un temps, puis quitter, ne permet pas ce luxe. Qui sait, peut-être reviendrais-je au Burkina, ou à tout le moins en Afrique de l’Ouest, un jour. Mais force m’est d’admettre que je n’ai pas d’échéancier pour ce faire, ni même une certitude que les chemins que je choisirais d’emprunter me mèneront à nouveau sur ce bout de terre. Donc, forcément, l’état d’esprit au départ du Burkina est différent de celui ressentit avant de quitter Québec.

Autrement, j’ai été relativement peu assidue sur mon blog récemment, mais j’ai probablement 15 articles ”presque achevés”. Je vais tenter de continuer à le maintenir même au retour. Dans un premier temps par rapport à l’Afrique et le Burkina, puisqu’il me reste beaucoup à dire et à écrire, mais ensuite en fonction de mes projets (toujours indéterminés, bien sûr)…

Looking west….

Posted in Uncategorized on October 28, 2011 by Franckit

I can see the fast-paced city of Bamako, capital of Mali.

I can almost feel the hot, dry  air of Tombouctou, although I will likely not experience this enigma wrapped in mystery of a city. But who am I to tell what the future holds?

As if to indicate a transition, I can hear the Senegal river, flowing strong at the end of the rain season, close to the border between Mali and Senegal.

Further still, Senegal, its arid and probably Burkina-like north-east, transitioning into lush forest as the ocean nears.

The power of all the prayers being sung at Touba‘s great mosque.

At the western end of it all, famous Dakar, its African modernity, with-sand beaches and pirogues, with all the power of the Atlantique Ocean that the Senegal river fought to hard to reach.

All of this to say that I am traveling West for 2 weeks, and all of the above is on my path.

See you around….
Franck

Retour à Québec

Posted in Uncategorized on October 5, 2011 by Franckit

Comme certain d’entres vous le savent, je reviens au pays de plus en plus prochainement. La décision a été prise quelque part en Août, mais j’ai l’impression que c’était hier. C’est comme si le temps s’était mit à aller en accéléré depuis lors.

J’atterris à l’aéroport Pearson de Toronto le 21 novembre en fin de journée, après un vol transatlantique de près de 20 heures et une escale de 8 heures à Charles de Gaulle (by the way, des idées sur ce que l’on peut faire en environ 5 heures libres à Paris?). Ensuite, je passe quelques jours à Toronto, un arrêt à Montréal et finalement retour au bercail aux environs du 25 novembre.

Je ne sais pas exactement comment je me sens par rapport à tout cela. En fait, j’y ai relativement peu pensé depuis que la décision a été prise, c’est un peu comme si le fait de décider quelle allait être la suite des choses avait éloigné le tout de mon esprit. Mais maintenant que la date approche, la question se fait plus présente. D’ou ce post, je dirais.

Je suis arrivé au Burkina en me posant beaucoup de questions. J’en repars avec au moins autant, peut-être même plus encore, bien que ce soient de nouvelles questions. J’étais franchement un peu perdu en arrivant ici. Je ne suis pas prêt à dire que je le suis moins, cependant je pense savoir un peu plus d’ou provient ce manque de direction dans ma vie. Avec un peu de chance, je pourrai alors me doter des outils nécessaires pour résoudre ces questions… Et c’est en partie ce pourquoi j’ai décidé de ne pas prolonger mon séjour au Burkina (ce qui était initialement le plan).

Je n’ai bien sûr pas encore fait bilan de mon expérience ici. De prime abord cependant, je reste avec une impression d’échec au moins sur un plan. En débarquant ici, mon avenir n’était pas déterminé. Je pouvais rester ici une année, ou plusieurs. Prendre des responsabilités, démarrer mes projets, bref, j’étais devant une page blanche à remplir comme bon me semble. Implicitement pour moi, cela signifiait que j’allais le faire. Je me m’attendais pas, à la base, à rester seulement une année. De prendre la décision de ne pas prolonger a donc été assez difficile et me laisse avec l’impression que ma page est encore en grande partie  blanche. Pas exactement le résultat souhaité. Évidemment, il y a plus que cela: l’expérience, le développement personnel, mes apprentissages… Mais ce qui est le plus présent à mon esprit ces temps-ci c’est ma page blanche.

Et également le fait qu’en revenant au pays, je retombe je dirais devant une autre page blanche. J’ai certes 10 000 idées et perspectives, mais je n’ai rien décidé encore. Comment je vais faire pour m’assurer de ne pas développer un syndrome de la page blanche? Avec quoi je vais la remplir, cette page?

Autant de questions auxquelles je n’ai toujours aucune réponse. Et pour lesquelles, pour être franc avec vous, j’espère avoir un peu d’aide à mon retour, en fonction de vos propres réflexions sur la vie et votre avenir.

 

À bientôt,
Franck

Un Marathon à Accra

Posted in Français, Histoires et Récits on September 30, 2011 by Franckit

Km 0

À gauche ou à droite, aucune sortie en vue : que de fumée et de poussière qui se dressent tels des murs, renforcés de temps à autre part une nouvelle explosion.  Dans la confusion, les gens courent tantôt dans un sens, tantôt dans l’autre, j’en vois même 2 qui entre en collision. Je tente de rebrousser chemin longeant un mur, mais quelques secondes plus tard une rafale de balles, à quelques centimètres au-dessus de ma tête à peine, fait voler en éclat ce qui était peut-être la dernière vitre intacte de la ville. Changement de tactique, je m’engouffre dans un cadre de porte et plonge derrière le mur, juste avant d’entendre une explosion (grenade ?) de l’autre côté ; je l’ai échappée belle. C’est alors que j’entends quelqu’un crier à l’aide d’une voix râleuse torturée par la douleur, dans ce qui fût un jour la pièce voisine. Est-ce un allié ou un ennemi ? Méfiant, je fais quelques pas dans cette direction lorsque…

*****

Bref, le départ était chaotique: autobus en retard, équipement manquant, etc. Nous sommes malgré tout parti dans un temps raisonnable (un peu moins d’une heure de retard), juste assez pour que le soleil, qui venait de se lever, puisse assister au départ…

Km 15

Décidément, ça va plutôt bien. J’ai mis au point un système intéressant pour lutter contre la chaleur, car elle devient rapidement problématique. L’eau nous est distribuée dans des sachets de plastiques de 500 ml. C’est beaucoup : boire autant d’eau d’un seul coup en courant n’est pas une bonne idée. J’en bois le tiers ou la moitié et utilise le reste pour mouiller mon gilet en coton. Le système fonctionne vraiment et l’espacement des points d’eau (encore 3.5 – 4km environ) est juste assez pour me rafraîchir régulièrement.

Un travailleur ghanéen quelconque, curieux, coure avec moi pendant quelques minutes. Je ne comprends pas la plupart des mots qu’il ne me dit, soit parce que son anglais est mauvais ou que mon twii est inexistant. J’ai cru comprendre qu’il voulait savoir ce que j’étais en train de faire au juste. Je tente d’expliquer au mieux, mais je doute de m’être fait comprendre. Je crois deviner qu’il exprime aussi le désir de venir me visiter aux Etats-Unis (évidemment, un blanc au Ghana est Américain jusqu’à preuve du contrainte, comme un blanc au Burkina est généralement Français jusqu’à preuve du contraire). Il me quitte en me disant qu’on se verra lundi… sans doute, oui.

Km 21

Je passe le départ du demi-marathon presque exactement à 2h. Je maintiens le rythme. La course passe rapidement en fait, même si par expérience je comprends la dilatation du temps lors d’un marathon (i.e. l’écoulement du temps raaaaaaaaaaaleeeeeeeeeeeeeeeeeeentiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiie à quelque part au cours de la trentaine de kilomètres, puis toi aussi). Mon système de rafraîchissement tient le coup et le moral est bon. Le parcours a plus de relief que Québec ou Montréal : de longues montées suivies de longues descentes. Avec la chaleur et l’humidité, ça fait une belle combinaison.

Km 24

On entre dans la section industrielle de Tema, ville portuaire principale du Ghana, juste à côté d’Accra. On coure sur du bitume, entouré de béton, de réservoirs de fuels, d’entrepôts, de containers destinés aux 4 coins du monde (ou en provenance de ceux-ci), d’usines, de camions et de grues. La température semble beaucoup plus élevée ici : la légère brise qui nous accompagnait parfois  est complètement bloquée par ces immenses bâtiments. Le sol absorbe et dégage beaucoup plus de chaleur que sur la première moitié du parcours, qui n’était pas vraiment en zone urbaine. Je commence à avoir hâte de passer cette section. Mais ça va encore plutôt bien, malgré la chaleur qui augmente. Je rattrape d’autres coureurs. Les gens étaient partis très rapidement (il me semble) au départ, surtout considérant les conditions. Certains commencent visiblement à payer le prix… Sans vouloir être cruel, cela me redonne un peu de force.

Km 28.5

Je commence à m’inquiéter un peu. La dernière station n’avait plus d’eau. Donc environ 40 minutes à courir sans rafraîchissement. Par ailleurs, on nous avait dit que des gels seraient disponibles en cours de route. Depuis le départ, nous n’avons rien reçu mise à part l’eau (et encore, il ne faut apparemment pas la prendre pour acquise). Pour la première moitié, cela ne fait pas vraiment de différence, mais après 2h30 de course, le niveau d’énergie diminue. Je commence à avoir besoin de manger quelque chose, à avoir besoin de sucre. À la dernière station, ils ne savaient pas de quoi je parlais. À celle de 28.5km, ils sont restés vague (ah je pense que c’est plus loin, sans pouvoir préciser). Hmmm… Au moins ils avaient encore de l’eau à mon arrivée à cette station-ci. Je ne sais pas pour ceux derrière par contre, il ne semblait pas rester grand-chose… Au moins, nous quittons la zone industrielle, on bénéficie à nouveau d’une brise de vent de temps à autre et nous ne sommes plus entourés strictement de béton et de bitume. C’est au moins cela !

Km 32 

Il n’y a pas d’eau, et même plus de volontaires à cette station. Je botte une boîte de carton, vide, au passage, partiellement par déception mais aussi pour me rassurer qu’il ne reste pas une bouteille ou un sachet au fond. Pas de chance.

Cependant, surprise agréable quelques minutes plus tard : un pick-up passe à ma hauteur pour me donner un sachet d’eau. Je ne sais pas si c’est une réponse de l’organisation au manque d’eau ou le remboursement d’une dette karmique, mais quoiqu’il en soit, ça fait vraiment un bien immense. Courir 3 ou 4 autres kilomètres sans eau… Sans compter que le soleil commence à être haut dans le ciel. Il approche 10h, la température a beaucoup augmenté. Selon un marathonien rencontré la veille, les prévisions étaient pour un taux d’humidité est de 70% et la température au-delà de 30 degrés. Je ne sais pas quelles sont les conditions réelles, mais le tout me semble effectivement humide et chaud.

Je rattrape tall dude with the car. Je l’ai nommé comme cela dans ma tête parce qu’on court à peu près au même rythme depuis le début (on se dépasse mutuellement), qu’il est grand et parce que l’organisation pour laquelle il travaille a dédiée une 4×4 qui le suit le long du parcours et lui donne des ravitaillements en route. En fait, intérieurement, c’est une source de motivation : je veux battre tall dude with a car, juste parce que lui n’a pas de problèmes avec les stations d’eau vide et l’absence total d’aliments ou de gels.  La 4×4 est également un fan club mobile (ils sont 4). Ils encouragent tall dude with a car, mais pas vraiment les autres participants. Ils me retournent une salutation sans enthousiasme lorsque moi je le fais, mais autrement je n’existe pas, ils ne supportent que tall dude. Ceci étant dit, le coureur est sympathique, on s’encourage l’un l’autre.

Km 35.5

Nous passons à proximité de mon hôtel. Toujours aucun signe de gel et/ou de nourriture diverses (je commence à me faire à l’idée que c’est un marathon en autonomie énergétique complète). Il y avait de l’eau au moins, en fait une auto avec une caisse de sachets venait d’arriver. Tous les marathoniens auront donc droit à un peu d’eau à 35.5 km… bonne nouvelle pour ceux derrière. L’effet pervers de ce manque est que ceux qui en ont probablement le plus besoin en reçoivent moins (pas).

J’ai eu de l’eau, mais je commence à sentir que j’ai vraiment besoin de manger quelque chose pour me donner de l’énergie et/ou de sels minéraux. Suer beaucoup requiert, tôt ou tard, de remplacer les sels minéraux perdus et simplement boire de l’eau ne suffit pas. Pas d’opportunités de faire cela ici visiblement.

C’est alors que j’ai une idée : je vais voir une vendeuse de bananes sur le bord du chemin. Je lui explique que je fais la course (elle le sait sans doute, elle a vu défilé tous les demi-marathoniens et une partie des marathoniens) et que j’ai VRAIMENT besoin de manger quelque chose. Je lui offre de laisser ma montre en dépôt, de prendre quelques bananes et de revenir payer plus tard. J’en prends 2 et une sorte de boisson chocolatée. Un lait au chocolat n’est sans doute pas la meilleure option à ce point-ci, mais je m’en fous. J’espère que ça va me donner ce qu’il me faut pour pouvoir reprendre un peu le rythme, parce que je commence sérieusement à ralentir. J’aimais bien avoir ma montre pour suivre mon rythme (et aussi parce que je commence à douter de l’existence d’un chronomètre officiel fiable), mais les priorités changent, et très franchement, passé 35-36km, les priorités sont aux bananes et au lait au chocolat.

Tall dude m’a dépassé. J’espère que mon pit stop me permettra d’accélérer et de le dépasser à nouveau…

Km 38

Au départ, j’étais un peu déçu des effets de mon ‘’pit stop’’. En fait, il semblait y en avoir peu. Mais c’était simplement qu’il fallait que j’attende un peu que mon corps puisse capitaliser sur cet apport d’énergie. À la station du kilomètre 38 (non, pas d’eau pour moi ici, en fait il n’y en aura pas entre 35.5 et puis la fin), je sens que je reprends un peu de forces. Je fais quelques exercices pour tenter de dissiper mes crampes (musculaire, mollets et cuisses) et j’accélère un peu. Je pense pouvoir finir en force.

Km 39 ou 40 environ

J’aperçois mon compagnon de course en haut d’une montée. Un peu plus tard, il me semble que la distance diminue. Finalement, j’arrive à sa hauteur. Comme à l’habitude, on s’encourage. C’est toujours difficile à estimer, mais il me semble à bout de force. Bref, je crois avoir l’avantage. J’accélère un peu et tente de le distancer. Je lui souhaite bien sûr un bon finish, même si je reste déterminé à le battre (lui et son fan club qui refuse de m’encourager). Et toc !

Quelque part entre 39-40 et 42

Je vais devoir ajouter un autre effet de fin de marathon : dilatation du temps ET des distances. J’ai l’impression d’apercevoir en haut d’une montée la ligne d’arrivée environ 10 fois. La dernière affiche disait bel et bien 38km, non ? Ça doit bien faire 10 km de cela ! Ce qui n’aide pas non plus est l’absence totale d’indications. Est-ce que j’aurais manqué un embranchement ? Suis-je entrain de courir sans fin vers nulle part ? Sans doute (au fond, c’est un peu ça un marathon), mais tant que ce nulle part me dit que je suis arrivé je suis heureux. Histoire de ne pas courir pour toujours vers nulle part, ce qui serait franchement embêtant.

42.195 km

Finalement ! Je franchi enfin la ligne d’arrivé. Tall dude n’est pas en vue. Je demande quel est mon temps à l’arrivée, mais personne ne semble capable de me dire quel est le temps de la course exactement. Je ne suis pas surpris. Mais considérant le temps auquel j’ai laissé ma montre à ma nouvelle vendeuse de bananes préférée et la distance restante, j’estime que j’ai dû mettre 4h15 – 4h25 pour terminer le tout. C’est plus lent que mon rythme initial, mais compte tenu des circonstances, je m’en fous un peu. Dès le départ chaotique, il était clair que ce n’était pas une épreuve à faire pour battre un record, mais simplement pour vivre l’expérience.

Au, moins ils se sont arrangés pour qu’il y ait de la nourriture à la ligne d’arrivée (et aussi pour qu’il en reste pour tous !). J’ouvre la boîte pour découvrir… un morceau de poulet frit avec un riz. Hmmm… pas nécessairement un repas post-marathon par excellence. Pas grave, je mange ce que je peux de riz et surtout je fais le plein d’eau. Avec tout cela, je pense que le reste de ma journée sera principalement dédiée à la réhydratation. Les derniers 7 km ont été difficiles sans eau…

Je vais chercher mon cellulaire et mes 5 cedis pour le taxi (que j’avais laissé pour qu’ils amènent à la ligne d’arrivée). Je crois tall dude à la ligne d’arrivée en partant, on se félicite pour la course. J’embarque dans le taxis, fatigué et déshydraté mais heureux.

Finalement, je vous laisse avec une image PAINT qui explique un peu la perception relative des distances lors d’un marathon. Chaque trait de couleur représente 3km et plus le trait est long, plus on a l’impression que les 3km sont long.

Nouvelles diverses

Posted in Uncategorized on August 28, 2011 by Franckit

Bonjour à tous et à toutes!

Ok ok, donc après une longue absence, quelques nouvelles… J’ai encore une fois adopté une nouvelle approche face au phénomène traditionnel du ”bon, j’ai rien posté depuis un bon moment, je dis quoi…”. Faisons un bref recap des attitudes adoptées jusqu’à maintenant:

  1. Donner des excuses à savoir pourquoi je n’ai rien posté depuis un bout
  2. Poster un truc et ne rien mentionner
  3. Mentionner que ça fait longtemps, et simplement dire que je ne vais pas balancer des excuses bidons
  4. Retour à la stratégie #1

Le point 4 est l’endroit ou on est rendu aujourd’hui. Donc initialement, mon silence d’après-vacances a été causé principalement par une période plus occupée, et quand on a moins de temps et d’énergie, c’est dommage à dire mais le blog a tendance à sauter en premier. Il faut dire qu’il faut quand même un minimum d’inspiration pour écrire quelque chose qui soit d’un quelconque intérêt… Ensuite, je pense que j’ai fait preuve d’une certaine paresse, j’aurais eu le temps mais je ne l’ai simplement pas fait. Je commençais à me dire que je devais remonter en selle lorsque je suis tombé malade (cela fait 2 semaines je crois). Mais VRAIMENT malade. Une semaine assez complète avec fièvre et maux de tête. Sérieusement, je ne pense pas avoir déjà été aussi malade de toute ma vie, en tous les cas certainement pas aussi longtemps. Mais quelques doses d’antibiotiques plus tard, tout rentre dans l’ordre… Pour que je me retrouve avec une connexion internet non-existante. J’écris présentement de Ouagadougou, la connexion à Léo étant justement non-existante, pour des raisons obscures (comme d’habitudes).

Voilà donc pour la portion ”excuses de pourquoi Franck ne donne pas de news depuis un bout de temps”. Peut-être que la prochaine fois on reviendra à la stratégie #2 pour faire un cycle. Une autre idée avec laquelle je jongle présentement est de faire un sondage auprès des lecteurs et lectrices pour savoir quelle stratégie est votre préférée (après tout, je fais cela pour vous dans un sens).

Dans un tout autre ordre d’idées, bien la vie à Léo suit son cours tranquille, ni plus, ni moins. La saison des pluies semble finalement s’être installée de manière un peu plus convaincante. C’est probablement difficile au Québec pour vous de comprendre à quel point c’est un élément vital, indispensable de la vie ici. C’est plus gros que la finale de foot (et la finale de foot de la ligue des champions est VRAIMENT populaire), que la Coupe du Monde même. La plupart des gens que je connais dépendent directement des rendements agricoles, évidemment fortement influencés par la qualité de la saison des pluies. Il ne faut pas trop de pluie, autrement les cultures seront noyées…. il ne faut pas de périodes de sécheresse trop longues, puisque cela nuit à la croissance et donc aux rendements… la saison doit commencer à la bonne date. Si elle commence trop tôt, les producteurs ne sont pas prêts (les champs doivent être labourés et nettoyés à l’avance), si elle commence trop tard alors les producteurs se retrouvent devant un dilemme… Doivent-ils semer quand même, espérant l’arrivée prochaine des pluies? Doivent-ils semer plus tard, espérant que la saison soit seulement décalée mais qu’elle sera à la fin de l’année de la bonne durée? Doivent-ils prendre part à la véritable RUÉE vers les semences de variétés précoces à cycle plus court? L’importance de la saison des pluies ici, c’est comme si la quantité de nourriture disponible dans votre garde-manger ou frigo dépendait directement de la quantité et dispersion de la neige l’hiver prochain…. J’ai cru entendre que l’hiver dernier était assez mauvais…. Et ici il n’y a pas vraiment de filet de sécurité social (assurance chômage et cie) pour atténuer les chocs… Vous comprenez peut-être un peu mieux.

Au niveau personnel, comme je l’ai mentionné, j’ai été assez solidement malade, épisode pas trop agréable. C’était définitivement pire qu’une grippe d’homme (désolé pour les lectrices qui ne peuvent malheureusement pas comprendre!). Mais bon l’essentiel est que ce soit partie. Je n’ai jamais trop su de quoi il s’agit (le médecin non plus d’ailleurs)… mais bon le diagnostique était essentiellement: prise de sang…. constatation de problèmes quelconques indiquant une sorte d’infection… prescription d’un antibiotique… Guérison. Comme vous voyez, aucun besoin d’identifier précisément le mal en question. Euh…. enfin. J’écrirais peut-être un post sur le système de santé à Léo. Sans doute, même.

Ce dimanche, je suis en déplacement vers le Ghana, pour Tamale, pour une semaine de travail avec ACDEP, une ONG ghanéenne qui travaille aussi avec les unions de producteurs (mais au Ghana). Cela devrait être intéressant. J’avoue être d’une certaine manière nerveux, au sens ou il m’est difficile de savoir si nous travaillons réellement sur des thématiques semblables, si ce que je connais et ce que j’ai appris ici pourra effectivement être utile… Nous verrons bien cette semaine. Mais en tous les cas, je suis assez certain que la discussion et les échanges seront intéressants. J’ai tout de même noté que dans le monde du développement, personne ne semble réellement avoir les réponses. Les gens et les organismes ont des idées, parfois bonnes, parfois passables. Mais le partage et les discussions devraient permettre (j’espère) de faire ressortir les meilleures et d’éliminer les moins performantes. Et puis, en tous les cas, je dois admettre être heureux de pouvoir bouger, changer d’air. C’est toujours quelque chose que j’apprécie (que ce soit ici ou au Québec ou ailleurs).

Pour ce qui est du marathon d’Accra, je suis toujours dans la course. Ma semaine de maladie m’a pas contre considérablement affaiblie…. nul besoin de dire que je ne me suis pas entraîné pendant ce temps, mais pire encore, je n’ai pas vraiment réussi à dormir et j’ai à peine mangé… au bout d’une semaine, cela fait une différence sur la forme. Mais il me reste un mois pour reprendre une partie du retard. Je reste confiant…. Et vous? Ceux et celles qui avaient une résolution de participer, cela tient toujours?
Voilà donc ou en sont les choses pour moi…. je vous souhaite une bonne semaine, donnez des nouvelles si vous ne l’avez pas faits depuis un bout de temps, ça fait toujours plaisir! C’est même je dirais l’effet pervers des blogs en général: on donne des nouvelles aux gens, donc de leur point de vue on garde contacte… mais ma théorie est que le blog fait en sorte que le bloggeur reçoit en fait moins de nouvelles. C’est un peu ingrat à la limite (j’aime toujours autant écrire sur mon blog, malgré tout). Donc n’hésitez pas à écrire!

Bonne semaine,
Franck

Vallée de la Volta – 2e partie

Posted in Français, Histoires et Récits on August 28, 2011 by Franckit

TopSchool : Si vous rencontrez un groupe d’écoliers Ghanéens au sommet d’une montagne, il est probablement prudent de considérer que vous passerez AU MOINS les 30 prochaines minutes à prendre des photos. Mes amis de la journée, Alexa (Holland) and Petro (Italy) sont sur la photo. Pouvez-vous les trouver?

Qu’en est-il des légendaires routes de la Volta? Les routes en tant que telles ne sont franchement pas si mauvaises et à mon avis elles restent fonctionnelles à l’année, sauf peut-être lors des pires pluies torrentielles que puisse apporter la saison. Pour peu que vous acceptiez de vous faire brasser un peu (beaucoup), ça ira. Le principale problème est la fréquence des transports, qui est basse et aléatoire, ce qui constitue une excellente manière, si vous êtes malchanceux, ce prendre 2 ou 3 jours pour faire un trajet qui peut, si les circonstances vous sont favorables, n’en prendre qu’un seul.

J’ai ensuite poursuivit jusqu’à Atimpoku, à quelques kilomètres au sud du barrage d’Akosombo, qui fournit pratiquement toute son électricité au Ghana (et qui lui permet d’en exporter aux pays voisins et, plus important sans doute, d’éclairer ma maison à Léo). J’avais l’intention d’aller voir le barrage, mais ma première quête en arrivant là-bas vers midi a plutôt été de trouver un point de vue intéressante pour photographier la Volta et/ou le pont.

 

Atimpoku : le centre-ville, avec la rivière Volta et ses îles en arrière-plan. Le pont est hors du champ, à gauche.

Pont : le pont d’Atimpoku, situé à l’endroit ou la Volta commence à s’étendre et former de petites îles.

Pêcheur du pont : photo d’une pirogue, probablement un pêcheur. Il est facile de trouver du poisson à Atimpoku et même des crevettes.

Ma quête suivante fût celle de trouver un canot pour aller sur la rivière. Dans ce but, je suis allé au Continental Hotel, la place chic de la ville. Dans un endroit pareil, je me suis dit qu’ils auraient sans doute quelque chose. Malheureusement pour moi, ils ne disposaient que de pédalos et de bateaux à moteur et ni l’un ni l’autre me m’enthousiasmait particulièrement. Le directeur de l’hôtel m’a suggéré d’appeler son frère, qui possède une pirogue semble à celle de la dernière photo. Il accepte de me louer ses services pour 20 GHC, ce que je considérais très acceptable, et j’ai ainsi pu pagayer un peu.

Sail away : photo à bord de la pirogue, sur la rivière Volta.

Il m’a ensuite demandé si j’avais une objection à ce que nous arrêtions visiter son père, qui est en fait celui qui a inspiré mon autre article, No Country For An Old Man. Je n’en avais aucune, et ce fût effectivement une excellente idée.

Shortcut : petit raccourci pour se rendre chez son père. Il consiste en fait à passer par un étroit passage qui sépare 2 îles, qui à première vue semblent n’être qu’une.

Le Retour : en route pour retourner à l’Hôtel Continental, qui est en fait juste après le pont.

Une fois arrivé sur l’île, Isham était bien sûr très content de nous recevoir. Je crois que le vieille homme n’avait pas souvent vu de photographies et il avait été très impressionné de voir, sur l’écran de ma caméra, la photo qui figure en introduction de mon article précédent. Il m’a alors demandé s’il était possible de revenir demain pour prendre une photo avec les habits traditionnels, ce que j’ai bien sûr accepté. Nous avons fait le tour de ses champs et visité son île, avant de repartir, pour revenir le lendemain matin.

Solennel : les Ghanéens ont souvent tendance à être plutôt sévères sur les photos, et Isham ne faisait pas exception. J’ai promis d’imprimer les photos une fois de retour au Burkina et de les envoyer par la poste.

L’arroseur arrosé : moi qui pose avec Isham pour une photo. William, son fils, est derrière l’appareil.

Le reste du voyage n’a pas été capturé sur pellicule (enfin, sur senseur pour être exact). Je suis parti pour Accra, après toutes les discussions et cérémonies d’au revoir qui sont souvent la norme en Afrique, vers 13h. La priorité à ce moment, plus que la photo, était l’estomac. J’ai été rejoindre Mark et Yasmine pour un EXCELLENT repas libanais comme je n’aurais pu trouver au Burkina. Il m’est apparu de manière encore plus flagrante cette fois-ci qu’à ma première visite à quel point Accra est vraiment plus près d’être une métropole et une grande ville que Ouagadougou. C’est une ville que je trouve fascinante, en partie en raison de cet étrange mélange d’urbanisme à l’occidental auquel se mélangent encore et toujours la culture et les traditions ghanéennes.  J’adore la ‘’vib’’ Africaine et je me décrirais comme une personne de grands espaces, mais force m’est d’admettre qu’il y a tout de même une certaine partie, occidentale pourrait-on dire, qui ait un faible pour les grandes villes. Les masses de gens en mouvement, le bruit, les odeurs, la vie, j’ai besoin d’y être plongé de temps à autre. Accra offre tout cela, avec une saveur africaine bien particulière. C’était pour moi une excellente façon de terminer les vacances!

Voyage dans la Vallée de la Volta

Posted in Français, Histoires et Récits on July 14, 2011 by Franckit

(article 1 de 2)

Intro

La semaine dernière, j’ai pris une semaine de vacances  dont le but premier était en fait de me changer les idées et de bouger. Durant ces derniers mois, j’ai passé une grande partie de mon temps à Léo, ce qui est normal considérant qu’il s’agit de la ville dans laquelle est établie mon organisation partenaire, la Fédération Nian Zwé. Il n’est reste pas moins qu’il me tardait de bouger, de voir du pays et de regagner une certaine liberté de mouvement qu’offre un rythme de vie étudiant, mais qui est difficile à obtenir dans le cadre d’un ‘’vrai’’ travail, avec un horaire plus rigide et des conditions de travail plus formelles. Il s’agissait donc, en quelques sortes, d’anti-vacances : pas question d’aller m’allonger quelque part pour relaxer et se me reposer.

Dans ce but, je m’étais donc fixé un itinéraire relativement ambitieux au regard du temps qui m’était impartie et surtout de la qualité des routes. Voici, avec un merveilleux dessin d’un niveau de qualité Paint, un aperçu de l’itinéraire (d’autres images de meilleure qualité suivront peut-être):

Le tout fait environ 2500 km, à plus ou moins 200km je dirais.

C’était un itinéraire ambitieux d’une part parce que selon la légende, les routes dans le nord du Ghana, et spécialement dans la région de la Volta, sont mauvaises. Elles le sont d’autant plus lors de la saison des pluies, qui fait des ravages sur les routes de terre battues, travaillées sans cesse par des poids lourds surchargés. D’autre part, l’itinéraire n’avait pas trop été testé auparavant, donc la fréquence et la disponibilité des moyens de transport restait à établir. Tout cela m’allait : ça faisait partie de l’expérience. De toutes manières, on verra que la réputation des routes du nord, bien basée sur une certaine réalité, s’est quelque peu exagérée avec le téléphone arabe (ou le téléphone Ghanéen, c’est selon).

P-S: Vous excuserez les images fortement compressées et de petit format… vous avez des connexions rapides. Mais pas moi! Il faut aussi considérer que c’est mon premier réel essaie à afficher des photos dans WordPress. J’ai donc opté pour le méthode simple, mais il existe sans doute des options plus perfomantes offrant de meilleurs résultats… J’ai simplement manqué de patience. Il faut dire que compiler tout cela et préparer les photos est assez long (3 bonnes soirées de travail!).

Léo – Tamale

On démarre en fait ici :

Léo, petite ville ou j’habite, le samedi matin. Étant une ville frontalière, on m’avait dit qu’il était possible, les jours de marché, de changer les CFA, monnaie utilisée au Burkina, en Ghana Cedis (GHC). Il me fût impossible de trouver un changeur ‘’officiel’’ (enfin, aussi officiel qu’un changeur au noir puisse l’être), ou alors un commerçant ayant besoin de GHC à un taux acceptable. On m’a dit par contre qu’il me serait facile de changer les CFA à Tumu, ville frontalière côté du Ghana… Ok. L’argument était exactement le même pour Léo et s’est avéré faux, mais on verra bien…

Au moins, il est effectivement possible de quitter Léo pour aller à Tumu avec un tro-tro. En tous les cas, il y en a un qui part le samedi matin. C’était également une dose d’incertitude, puisque l’itinéraire classique implique plutôt de remonter jusqu’à Ouaga au nord pour redescendre vers Pô (beaucoup plus long, mais un itinéraire beaucoup plus fréquenté). Je ne me plains donc pas.


Tumu kids: j’ai pris peu d’images avant d’arriver dans la région de la Volta, mise à part quelques clichés à la volée à bord d’un taxi ou tro-tro.

Je dois être né sous une bonne étoile : les douaniers sont sur-gentils et ne présentent aucune difficulté. Lorsque je leur dit que je vais à Tamale, ils accélèrent même les procédures en me disant que le car part de Tumu dans 30 minutes et que je dois me dépêcher! J’arrive juste à temps pour le départ, je débarque à Tamale vers 17h et Mina là-bas me dis que 40 APS et JFs d’ISF vont souper vers 18h. Comme timing en Afrique, difficile de faire mieux. Belle occasion de revoir mes confrères au Ghana, d’échanger avec les JFs qui devaient à la base aller au Burkina mais qui ont plutôt été envoyés au Ghana en raison des troubles ainsi que de renouer un peu avec Mark, Mike et Dan, confrères de pre-dep à Toronto. De Léo à Tamale par Tumu, il faut compter environ 400km, dont une bonne partie de route de terre d’une qualité décente.

Tamale – Bimbilla

Pas de photos à l’envolé à bord du tro-tro ou du taxi cette fois-ci, principalement en raison de la forte pluie qui a sévit durant la majeure partie de ce trajet d’environ 200km (mais qui durera près de 6 heures!). Également en raison d’un certain besoin de protéger mon équipement photographique de la chute d’eau qui sévissait au-dessus de ma tête : j’ai découvert durant le trajet Tamale – Yendi (Est de Tamale, avant de bifurquer au Sud vers Bimbilla) que l’imperméabilité du toit d’un tro-tro n’est pas à prendre pour acquise. L’eau s’accumulait dans l’entre-toit pour par la suite se décharger, au gré des virages, sur ma tête par le trou d’un haut-parleur depuis longtemps enlevé. Malgré tout, il s’agissait seulement du 2e pire siège lors de ce voyage, le pire siège étant réservé au gars à l’arrière à gauche, car la vitre était manquante, avec des conséquences prévisibles pour le degré d’humidité de ses vêtements lors d’une pluie abondante.

Remarque: il est possible d’avoir froid, même en Afrique.

Néanmoins, une fois arrivé  à Bimbilla, en fin d’après-midi, la pluie s’était arrêtée. J’aurais pu continuer jusqu’à Nkwanta, environ 100km plus loin, cependant vu le temps nécessaire à couvrir ces 200 derniers kilomètres j’ai jugé préférable d’arrêter ici pour la nuit. Il aurait peut-être été difficile de trouver un transport à cette heure, en tous les cas.

Bimbilla m’a laissé une impression assez mélangée, difficile à saisir. Immédiatement après mon arrivée, j’en ai profité pour prendre quelques clichés. Les enfants surtout se sont montrés particulièrement coopératifs et les gens étaient accueillants. Bref, l’ambiance était bonne et j’avais une bonne impression générale. Le soir venu, je suis sorti pour trouver quelque chose à manger, seulement pour être plutôt déçu : l’ambiance avait disparue, la ville était presque déserte et même les vendeuses de riz et de poulet frit n’avaient pas d’entrain. Je suis rentré au guest house et la soirée était un peu morne. Il faut dire que c’était un dimanche. Néanmoins, voici quelques photos :

Drumming life away : tout juste après être débarqué du tro-tro, j’entends des percussions. Je me retourne pour voir ces gamins qui joue du drum dans cette charrette tirée par des ânes! Cela a probablemet contribué à ma bonne impression initiale.

Bimbillatown : Rue principale de Bimbilla, avec une jeune fille particulièrement motivée à poser pour la photo.

Dead end : En voilà un qui n’ira pas beaucoup plus loin…

Bimbilla – Hohoe

Optimistic : La réputation des routes de la région n’était certes pas sans fondements, comme en témoigne cette photo. Ceci étant dit, elle reste à mon avis praticable à l’année, même en pleine saison des pluies, et on peut également croiser de gros transporteurs comme celui qui vient à notre rencontre. Le problème principale pour voyager dans cette région (outre la lenteur des déplacement) est plutôt au niveau de la fréquence et de la disponibilité des véhicules, qui ne répondent à aucune horaire et partent parfois une seule fois par jour d’un village donné…

Over the Top : Une alternative aux moyen de transport de personnes ‘’officiels’’ reste le transport de marchandise. Les gens s’empilent sur les camions de marchandises, qu’il s’agisse de petits camion ou alors des remorques tel que sur la photo précédente. Tout dépend de l’urgence de votre déplacement, et aussi un peu de votre tolérance au risque.

Hohoe était en fait la première ‘’vraie’’ destination à atteindre du voyage. On y retrouve quelques possibilités intéressantes de randonnées (collines, chutes), dont la plus haute montagne du Ghana. J’y ai passé un peu plus de 2 jours, tout d’abord pour me rendre à Wli Falls (les plus hautes chutes d’Afrique de l’Ouest et apparemment les 4e plus haute du monde) et ensuite pour conquérir le monde Afadjato, la plus haute montagne du Ghana. Hohoe est également, avec Ho, la ville la plus importante de la région de la Volta. Généralement, les visiteurs n’iront pas beaucoup plus au Nord et ils arriveront plutôt du Sud, à partir d’Accra en général. La route est entière pavée et en bon état jusqu’à Hohoe, se dégrade peu à peu jusqu’à Jasinka avant de mourir et de laisser place à la terre battue pour la portion nordique.

Wli Falls, 1ere partie : Et c’est ici que vous partagez ma légère déception quant à la 4e plus grande chute du monde : elle est en fait brisée en 2 section et il n’est pas vraiment possible d’apercevoir les 2 sections en même temps (sauf hélicoptère peut-être). Il s’agit ici de la première partie de la chute, photographiée à 1/5s pour mieux capturer le mouvement de l’eau, ce qui donne l’effet un peu surréel à la chute.

Village de Wli : Cette photo démontre pourquoi il n’est pas facile de faire de la photo dans la jungle. En partie parce que les éclaircie décente entre les arbres sont rares, mais également parce que lors de la saison des pluies, le ciel est le plus souvent couvert. Je n’ai pas été très choyé point de vue lumière lors du voyage. On voit ici le village de Wli, le plus près des chutes. Photo prise sur le sentier entre la 1ere et la 2e partie des chutes.

Wli Falls, 2e partie : La partie la plus élevée de la chute, après une randonnée plus longue et plus ardue que la première partie (qui était franchement très facile), vue entre les branches de la jungle ghanéenne.

On vous imposera sans doute un guide, qui n’est nullement nécessaire si vous avez déjà fait un tant soit peu de randonnée (le sentier est évident du début à la fin). Ceci étant dit, le nôtre s’est avéré être riche en information, pertinent et divertissant et ce fût au bout du compte une bonne chose de l’avoir avec nous (j’avais rencontré 2 albertains au départ du sentier et nous avons fait la randonnée à 3 plutôt que d’avoir 2 guides). L’indépendant borné en moi trouve que c’est néanmoins franchement agaçant, car il y a peu de choses qui m’énervent davantage que de me faire prendre par la main pour monter un escalier. Ceci étant, la partie travailleur en développement en moi comprend que c’est une bonne façon de créer de l’emploie à partir de sites naturels. Les deux s’obstinent toujours à ce jour.

Welcome to Mt Afadjato : La plus haute montagne du Ghana (ce qui ne reste toujours que 885m).

Cheveux dans le vent : Pour s’y rendre, il faut tout d’abord prendre un taxi à partir d’Hohoe jusqu’à Lioti. Ensuite, la piste partant de Lioti jusqu’à Lioti Wote (prononcez Lioti Woté) étant mauvaise, vous devrez prendre un taxi-moto, la plupart des taxis refusant d’abîmer leur véhicule. Ici mon ami Petro, rencontré à Lioti (décidemment, on oublie les randos en solitaire au Ghana), semble apprécier ce moyen de transport en commun moins usité.

Go with the flow : moi qui s’amuse dans un ruisseau (litéralement).

Welcome to the Jungle : la seule image que j’ai vraiment des sentiers dans la jungle Ghanéenne. C’est en grande partie en raison du soleil, absent pour la majeure partie du trajet. Rien de plus terne qu’une photo en forêt par ciel nuageux, mais le soleil à travers les feuilles, quand il se pointe, peut donner une touche intéressante.

Qu’en est-il des légendaires routes de la Volta? Les routes en tant que telles ne sont franchement pas si mauvaises et à mon avis elles restent fonctionnelles sauf peut-être lors des pires pluies torrentielles que puisse apporter la saison des pluies au Ghana. Pour peu que vous acceptiez de vous faire brasser un peu (beaucoup), ça ira. Le principale problème est la fréquence des transports, qui est basse et aléatoire, ce qui constitue une excellente manière, si vous êtes malchanceux, ce prendre 2 ou 3 jours pour faire un trajet qui peut, si les circonstances vous sont favorables, n’en prendre qu’un seul.

No country for an old man

Posted in English, Réflections on July 11, 2011 by Franckit

During my vacations in Ghana, I made an encounter that added a lot of subtleties to my understanding of poverty and development. I am unsure of my ability to write in such a way as to make equally striking to others what I experienced. But I will try nonetheless.

As you might have guessed, the main character in this story is Isham, the old man on the picture at the top. He is around 80 years old, although neither he nor his son (who brought me there) could tell exactly how old he really is. He has the rough skin of a man who worked the land all his life and is rather thin, but that should not lead one to think of him as weak: although thin, he looks and he is though as a nail.

He lives on a small island on the Volta River, near Atimpoku, where the bridge crosses this mighty river. Alone on this piece of land, he enjoys it all for himself, raising Guinea Fowls, which are ranging freely. He has 2 canoes, which he uses to catch fishes and to boat back to town every once in a while. Since his sons and daughters are all grown up and living by themselves, freeing him from pretty much any obligations in life, he has all the time in the world. In spite of his age, he still farms. We walked around his fields, with his son translating for me (as the old man only speaks twi). His fields were dispersed, but between banana trees, maize stalks, groundnuts and cassava, I would guesstimate he grows close to a hectare in total. From the palm trees all round the island, he can collect nuts, which he uses to make cooking oil. I failed to asked, but a small piece of land further along the path looked like a vegetable garden. Long ago, he built himself a mud hut, in which he still lives today, along with a granary for his harvest a small tool shed. I don’t think there is any other building in this island, as we walked across much of it. There was no sign of new areas being planned on top of existing ones. I have the feeling that unlike much of Ghana, this place would have looked almost exactly the same 5 or 10 years ago. Even though it only takes 5 to 10 minutes to boat from the town to his island, we barely hear any sound from the highway passing by.

I ask him why he grows cassava.

Because cassava is very good.

I ask him if he also raises chickens.

No.

Why not?

Because Guinea Fowls is much better. I love Guinea Fowls. The eggs are better than chicken eggs too.

The answer is pretty much the same about anything else he does: he grows or breeds something because he likes it.

This is when it struck me: this man is totally at odd with everything going on in his country.

I thought about rotating crops, about how sowing a given plant the year after another one would bring you better yields. About how growing groundnuts mixed in with cassava might or might not be optimal (we would have to investigate to see if he would be better off separating them). About the fact that perhaps cassava isn’t a very good cash crop. He should probably drop cassava as a crop to focus on maize, which on top of feeding him would likely bring him much better returns on investment. If he wishes to do so, he could buy cassava on the market with the proceeds. Bananas should probably be gradually phased out for mango trees, again a better cash crop, especially here as he enjoys 2 rain seasons. His use of fertilizer and pesticides probably leaves to be desired and should be improved: a farmer union or collective saving scheme would do the trick about that. Groundnuts can bring in good money with little investment and are thus a good crop to keep and probably expand, too, especially while building up his asset base. His island isn’t near full capacity yet, and so he should hire workers to help him grow more foodstuffs. It would be easy for him to build a small mud hut next year to allow them to stay over at the island during work periods. Since all this will involve more transport of goods, a pressing investment would be a bigger boat. In the long term, an exit strategy would be needed, since farming on an island brings little upside but has disadvantages. Life on the island may be sweet, but it isn’t good business.

Wait a minute.

When I was with him on this island, digging up some of his cassava, or sitting by his hut looking at the Volta River, saying any of this out loud would make me sound like a mad man. And it would be non-sense. In a way, the lifestyle that this man has chosen, or stumble into through the randomness of life, isn’t very far off from that of a lifelong traveler: doing what he likes instead of what would bring in more cash.

Psychologically and emotionally sound, rather than economically wise.

It’s not so much about making money as it is about being happy.

You should have seen how proud he was of digging up some of his cassava to show me the roots, how happy he was to make me visit his (very) humble mud hut or how excited he was to show me the palm oil he makes. It was hard for me to see how even the most profitable cash crop could ever make him that proud: I just fail to imagine a 50 GHC bill generating that much excitement.  He is not a member of any kind of union, nor does he participate in any development project. In a way, I hope no development worker ever finds him, for he might fail to see the value of what this man has. When working in a country like Ghana, with its fast-paced business world, all the talks of development, of farming as a business and of fostering entrepreneurship, it is probably easy to forget to look at things with another lens, and then most of what this man has wouldn’t be visible. I probably wouldn’t have seen it, if I hadn’t been on vacation and thus in a different mindset.

Do not get me wrong: this is not a manifesto against farming as a business (or any other slogan we might come up with to express the same idea: moving from subsistence to professional and profitable farming), or against the development of Ghana or any other West-African country. I believe it is necessary, from a global point of view, if Ghanaians and Burkinabes are to live freer, more fulfilling lives where opportunities are plenty for everyone. But there should still be room for something else, for something different, like what this man has. I am very glad for him that he found this piece of land on an island where, hopefully, he will be able to live his last years if he wishes to do so, in a way that is so much at odd with the rest of the country. With all its fast-paced changes and burgeoning business environment, it seems to me that Ghana is no country for an old man.

About time! (and work)

Posted in English, Réflections, Travail avec ISF on June 20, 2011 by Franckit

Sometimes I feel like 90% of my communications with westerners are related to what is different between Burkina and Canada. If the Westerner in question happens to be from Europe, then the conversation probably has to do about what is different between Canada and {insert here the name of a European country}. In any case, this post will be partly about that, but I hope I can turn it into something more general about how we work, why we work and how this is valued, by ourselves and by society.

Seeing what kind of work people do here, what is well-paid and what isn’t got me thinking. I’m sure that the most obvious observation that can be made about this is how little time is valued. It’s not about people being late, deadlines not being met and such (although this could be seen as supportive evidence), it’s about how time is paid. You can hire a guardian, whose sole responsibility will be to look after a given piece of equipment or propriety for about 10 000 CFA a month, or 20$. His job description, assuming such a thing exists, would be to be there and deter any theft or damage to the equipment or propriety. And I think most of the time, this is what they are: a deterrent. Some must see some action from time to time, but at least in the rural areas, his presence is often enough. They usually spend most of the time there, sleeping there at night and spending some of the day, too.

An equivalent job in the West simply doesn’t exist. Baby-sitting would be the first thing that comes to mind, but even if you leave aside the fact that we’re talking about a young, fragile human being, the baby-sitter is expected to provide some care and assistance to what he is looking after, while the guardian here isn’t. By job description, the duties are heavier, and when I was doing it I would get about 20$ for an evening (mind you that was almost 15 years ago, so it’s probably gone up). No matter how hard I try, I can’t come up with an example where you job is only to provide you time, back in Canada. Something else is always added to the mix, additional duties. Of course, we have guards back in Canada too. Most of the time, they have some additional duties, such as welcoming people and providing them information. They have formal training and usually expect to see some action and make interventions from time to time.

Basically no one will pay you, in Canada, solely to provide time. You have to bring more to the table if you want to be paid something. One way to look at it would be to say that instead of paying somebody to watch something, we decided to pay a bunch of people to come up with monitoring and defence systems instead (cameras, movement detectors, surveillance centrals, etc). The time is invested in the systems, not in the monitoring itself (or not as much). Developing such a system takes a lot of time, if you factor in that in order to program the software and learn about the integrated circuits involved you’ll need several years of post-secondary education for each workers involved. But in the long, this is supposed to be more efficient, as you’ll need less guards. These people would be able to learn another trade and produce other things, instead of just sitting there. Besides, there is transversal knowledge involved: the guy who learned about C++ programming can use it for things other than security systems, if we have enough of those for now.

Another way the labour market works here is that many people have some kind of a business going on. Much of it is in the informal sector and can take many forms, like selling fruits, vegetables, cell phones, Nescafés, teas and other stuff at some kind of stand by the roadside. Depending where you are, you could see some radical over-saturation going on there. Your average mangoes seller might wait a full hour between customers. They might just nap on the job at mid-day, when it’s hot and nobody is buying anyways.

Why is it so?

The rational is that yes, you’re working an extra hour in order to earn 200 CFA more (40 cents). But that’s just another example that people’s time here doesn’t have any value.  200 CFA is enough for an extra plate of rice at diner. Most people here would choose that over an extra hour in their day without hesitation.

We’re talking about plain rice here. A plate of plain rice or an extra hour to your day?

This is also why you see people getting into what is obviously an over-saturated industry (regardless of whether or not you did ECON 201): to earn an income. Doesn’t matter if it’s low income, doesn’t matter if you need 12 or 14 hours a day doing mostly nothing in order to get by. Why? Because people’s time here is essentially worthless. Nobody will pay you for it.

Another way to contrast it with Canada (for example) is to consider companies that provide daily workers. Basically, a company that is short on staff for the day calls, details what kind of worker they need (usually low-skill stuff) and the agency sends it for the day. People who enrol there basically are saying this: ‘’look, I have 8 or 10 hours free today to do [whatever]. Pay me 15$/hour and I’ll be there.’’ You don’t know where you’ll work and what you’ll do, but you say you’ve got some time and they essentially pay you for this. You see this in Alberta for example, because they have such a labour shortage. I guess this is somewhat AGAINST what I said earlier (in Canada, you’re not paid solely for your time). But then not really: the job will usually be construction work. It’s just that the worker basically says ”well, I’ll do what you need to get done. It’s 15$/hours. Don’t care what it is.”.

So, the relationship between time and work (and, I guess, money) is very different here. I wonder if a shift in this perspective is an inevitability of economic development or just how it happened in the West?

Tranche de vie

Posted in Français, News and Updates on June 14, 2011 by Franckit

Le plus souvent, je n’aime pas arriver à Ouaga en tant que tel.

Je ne sais trop ce que c’est. Est-ce son air sec, poussérieux de ces champs de construction qui semblent ne jamais vouloir finir ou sa chaleur le plus souvent immobile et écrasante, sans vent? S’agit-il de ses conducteurs nonchalents, indécis, continuellement frôlant la catastrophe ou ses vendeurs de brocantes aux 50 mètres? Je ne saurais dire, mais l’arrivée à Ouaga m’est toujours malaisée et me laisse souvent une impression étrange, que je n’arrive pas à saisir, pas tout à fait désagréable, mais assurément pas réconfortante non plus.

Aujourd’hui cependant, les choses étaient différentes. Les chauffards, sortants des nuages de poussières perpétuels de ces rénovations sans fins, avaient un charme urbain qui ne me semblait pas à dédaigner. De toutes les manières, moi et mes sacs étions d’or et déjà couverts de poussières, après ce 6 heures de car sur pistes en provenance de Dédougou. Les vendeurs de brocante, je les comprends, bien sûr. Je les comprends toujours, en fait, mais aujourd’hui d’une manière différente. Saviez-vous qu’un paquet de Lotus, qu’ils vendent 100CFA, leur revient en fait à 45 CFA environ? C’est une marge de profit intéressante, certes. Cependant, en raison du nombre élevé de vendeurs sur-saturant le marché, la plupart ne font pas beaucoup d’argent. Ils font de bonnes marges, certes, mais pas de volumes. Un ami me racontait qu’auparavant, ils se vendaient 50 CFA, donc une marge de 5 CFA seulement (500 CFA = 1$ environ). Pourquoi cela a-t-il augmenté si la concurrence et si forte? Sans doute qu’ils ont réussit à s’organiser suffisament pour réussir à établir un prix plus juste, à défaut de faire de grands volumes de ventes. Il fûrent probablement aidé parce que ce l’on pourrait appeler un effet quantique des monnaies ici: les pièces de 10 ou 25CFA ne sont pas courrantes, aussi les prix ont tendances à commencer à 50 CFA ou 100 CFA, d’ou cette marge.

Bref, c’est peut-être simplement une question de perspective, ou d’état d’esprit, mais aujourd’hui Ouaga me plaît.